Heureusement King Fisher est la
Quand Johnny part se saouler avec ses copains dans le Nord, que tu es seule à l’autre bout de la planète, tu décides de t’acheter des fruits (pour la santé) et une bière (pour le moral), parce que cela fait deux mois que tu n’as pas bu une goutte d’alcool alors que tes ivrognes de copines se trémoussent à grands coups de whisky coca sous le soleil exactement et que tu en vois les frais sur facebook.
Toujours est-il que me voila partie, désespérement seule à Kalina market, le marché du coin, à la recherche de bières et de plastic boxes pour parer contre la moisissure de mes Repetto-que-je-ne-peux-pas-mettre-car-il-pleut-trop.
Quand enfin tu découvres le boui-boui qui fait office de “wine shop” du quartier, tu trouves que les hommes te regardent bizarrement. C’est à croire qu’ils n’ont jamais vu une fille, et qui plus est, une fille qui achète des bières. J’ai tenté d’avoir une bouteille de Johnny Walker (pour l’appartement), mais leurs regards pesants m’ont assez vite freinée. Adieu Johnny Walker, bonjour King Fisher. Bien entendu j’ai eu une tendre pensée pour mon amie G., camarade de frenchy girly cuites dont je tairais le nom.
Comme certains musulmans qui n’ont pas le droit de boire officiellement de l’alcool ( les musulmans indiens représentent la plus grosse minorité religieuse du monde), les indiens font semblant : la plupart sont déja végétariens, ne connaissent pas les joies d’une côte de boeuf ni de l’alcool. C’est mal ou c’est pas sacré. Mais toujours est-il que le wine shop était bondé en ce pluvieux vendredi soir.
Je prends donc trois King Fisher et décide, chargée de mes plastic boxes, de prendre le rickshaw pour rentrer dans mon joli campus. Bizarre, quelque chose goutte dans le sac? Deux bières sur trois de percées. Je n’irais plus dans ce maudit wine shop, c’est décidé.
Patience: maitre-mot indien.
