Romain Gary en Inde?
Partie en rickshaw rejoindre une amie dans un quartier que l’on pourrait renommer “Beverly Powai”, tant les constructions semblent faites en papiers machés tous propres, j’enfile le ipod, branche la playslist et regarde défiler au fil des chansons le paysage chaotique.
Doors, Gloria+ Joy division, Disorder et quelques morceaux des Black lips, je marmone seule en repensant au vol matinal de mon super parapluie a pois dans ce qui me fait office de “hall d’immeuble”. La musique, ma musique me ragaillardit: ca donne un peu de courage et mes oreilles récupèrent après les voix aigues (stridentes?) de certaines chansons indiennes. Allez savoir pourquoi j’ai pensé après Disorder à Romain Gary, curieux rapprochement.
Je savais bien qu’il fallait que je l’emmene avec moi ici, mais je l’ai oublié. Voila qui m’aurait fait voir l’Inde d’un autre oeil. Malheureux Romain, j’ai bien honte: ça fait des années que je fais ta promo auprès de tout le monde et voila que je te laisse à plusieurs milliers de kilomètres. Mon prochain visiteur devra te glisser dans son sac, à moins que, ô miracle, je ne te trouve dans une bibliothèque… Peu d’espoir.
J’ai beau errer sur internet en quête d’informations sur les multiples voyages de ce coquin de diplomate menteur, impossible de savoir s’il est venu en Inde. Je crois qu’il aurait bien aimé. Le schoses les plus tragiques auraient pris la tonalité humouristique, non sans cynisme et finesse. Humour noir quand tu nous tiens. Romain sois serein, Johnny a pour ordre de t’emmener. La tyrannie-éclairée- n’est pas pour déplaire à certains. Mon amie L. rira en attendant de fouttre les pieds dans le même bateau ( N’oublis pas le sujet du mémoire: chaque chose est intimement liée.).
Rire du tragique? J’en connais d’autres qui y répondraient mieux que moi. Gary, par exemple. Après “patience”, nouvelle devise: Rire malgré tout.
